Un visa pour Nanette ALANHI-BANGOFA: L'association
Merci à tous.
Citoyens, hommes et femmes politiques, journalistes, enseignants, camarades de classe, qui nous ont soutenus et qui nous soutiennent encore. Je sais que depuis son exil à Brazzaville, Nanette vous remercie de tout ce que vous faites pour elle. Elle se sent moins seule, moins désespérée, même si, comme chacun le comprend, l’épreuve qu’elle traverse la laisse désemparée.
Grâce à l’argent collecté, dès le lendemain de son arrivée au Congo, par les élèves et les enseignants du Lycée, Nanette a pu s’acheter un petit matelas, quelques vêtements et de la nourriture. Hébergée chez une cousine en grande précarité, elle fait face avec courage à l’adversité.
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Nanette a rassemblé les documents qui lui sont nécessaires pour déposer sa demande de visa auprès de l’ambassade de France au Congo. La balle est maintenant dans le camp des autorités françaises.
Nous avons adressé, un courrier à M. Nicolas Normand, ambassadeur de France pour lui demander d’accorder dans les plus brefs délais un visa de retour à Nanette, comme le suggérait le ministre Eric Besson dans son communiqué de presse du 27 octobre : « Mlle Nanette Alani BANGOFA peut parfaitement, si elle le souhaite, solliciter un visa et une autorisation de séjour en France, à condition de rembourser auprès de l’OFII l’aide qu’elle a perçue pour effectuer son retour à titre humanitaire. »
Soit, M. le ministre, userez-vous de votre autorité pour faire en sorte que cette déclaration ne soit pas une pure figure de style, mais une réalité pour le 5 novembre prochain date de la reprise des cours ? En attendant, la chaise vide de Nanette restera au milieu de la cour du lycée Siegfried.
Beaucoup de contacts ont été pris : auprès du Consulat du Congo en France où nous avons été reçus avec la maman de Nanette, auprès de la Mairie de Paris qui nous apporte son concours depuis le début, auprès des associations et des organisations syndicales, du ministère des affaires étrangères, de la presse française et congolaise
Mais, tout cela n’est rien sans la mobilisation de tous !
Sur les conditions de son retour au Congo, le problème reste entier et les zones d’ombre demeurent. Nanette ne reconnait pas les documents qu’elle aurait signés à l’OFII pour un retour à titre humanitaire. Quant au reçu signé à l’aéroport concernant les 300 euros qu’elle aurait perçus elle nous dit : « J’étais complètement affolée, j’ai signé sans regarder, c’est possible, mais je jure que je n’ai jamais reçu 3OO euros. » Que sont-ils devenus ? Un mystère de plus !
Une chose est certaine : Nanette n’était pas éligible au dispositif d’aide au retour humanitaire, mais au dispositif d’aide au retour volontaire. Ce ne sont plus 300, mais 2000 euros qui sont alloués par ce dispositif. Il suffit pour s’en convaincre de se rendre sur le site de l’OFII :
Nanette avait bien fait l’objet d’une OQTF en date du 3 septembre 2009, suite à un refus de titre de séjours, donc bien avant sa supposée demande d’aide au retour humanitaire du 1 Octobre. Négligence ? Manipulation ? Abus de faiblesse ? Amateurisme ? Souci d’économie ? Sans doute tout cela à la fois.
Le site du comité de soutien héberge les pages du site de l’association « Un visa pour Nanette », association dont les statuts ont été déposés le mardi 3 novembre 2009.
Pourquoi une association ?
Pour continuer à se battre jusqu’au retour de Nanette avec une structure qui nous permet d’agir de façon plus efficace.
Pour pouvoir continuer à recueillir, en toute transparence, les dons qui nous parviennent.
Pour permettre l’adhésion du plus grand nombre et peser d’un poids plus grand auprès des autorités françaises.
Mais surtout pour éviter le pire : L’OUBLI ; l’oubli d’une affaire que les autorités peuvent souhaiter voir s’enliser ; l’oubli parce qu’une actualité chasse l’autre ; l’oubli parce que notre vie de tous les jours reprend le dessus.
Mais, notre conscience l’exige, notre indignation reste entière,
Nanette, nous ne t’oublions pas et nous continuerons ce combat que nous croyons juste.
Christian Alloncius
Président de l’association « Un visa pour Nanette ».